Campagne caritative à Itzer
Sommaire
Le départ
Nous avons pris la route juste après l'aube, quand la lumière du petit matin posait une lueur douce sur tout ce qui nous entourait. L'autoroute s'étirait devant nous et le paysage était saisissant. Une fine couche de brouillard flottait au-dessus des prairies, donnant au décor une allure calme, presque irréelle. En traversant la région marocaine d'Azrou, de vastes étendues de terre étaient couvertes de neige. C'était un début paisible et notre destination était Itzer : un village ancien et très pauvre situé entre Azrou et Midelt, là depuis des centaines d'années.
Un village en difficulté
En 2008, un drame a frappé le village lorsque quinze vieilles maisons se sont effondrées, laissant sans toit les familles qui y vivaient. Beaucoup d'entre elles n'ont eu d'autre choix que de s'installer dans le marché local, qui n'offrait presque aucun abri. La vie au marché était rude. Il n'y avait qu'une seule toilette pour quinze familles, et la plupart des logements de fortune étaient séparés par des rideaux faits de sacs de blé vides. Ces sacs servaient de murs, de fenêtres et de portes pour accorder à chaque famille un peu d'intimité.
Les hivers à Itzer sont particulièrement rudes. La température descend souvent aux alentours de -5 °C, rendant la survie plus difficile encore. Beaucoup d'habitants font avec très peu. Pour cuisiner, certains utilisent des boîtes de conserve vides faute de véritables casseroles. Le froid est surtout dur pour les enfants, dont certains souffrent d'engelures à cause des conditions extrêmes.
Notre mission
À notre arrivée, le président de l'association locale nous a accueillis et nous a exposé la situation du moment et ce que nous allions faire pour aider. Les besoins étaient manifestement immenses, et notre rôle était d'apporter un peu de soulagement. Après avoir déchargé les camions, notre première tâche a été de préparer les sacs alimentaires à distribuer. Chacun contenait des produits de base qui compteraient beaucoup pour ceux qui les recevraient. Avec ces sacs, chaque bénéficiaire recevait une ou deux couvertures, selon ses besoins, pour l'aider à tenir pendant les nuits glaciales de l'hiver.
L'étreinte d'une enfant
Pendant que nous travaillions, beaucoup de moments m'ont marqué, mais l'un d'eux en particulier m'a bouleversé. Toute la journée, les villageois se sont montrés d'une reconnaissance immense, remerciant pour les plus petites choses. Mais lorsque j'ai donné quelques bonbons à une petite fille, elle a passé ses bras autour de moi pour me serrer, et j'ai ressenti à cet instant quelque chose auquel je ne m'attendais pas. Je n'ai pas d'enfants, mais l'amour et la tendresse contenus dans cette étreinte ressemblaient à ce qu'un parent peut éprouver pour le sien. C'était un geste simple, mais chargé de chaleur et de lien, et il m'est resté longtemps après notre départ.
Gratitude et générosité
À la fin de la journée, je ne pouvais m'empêcher de penser à tout ce qui avait été accompli, non seulement par nous, mais par tous ceux qui avaient contribué aux dons. C'est grâce à la bonté de tant de gens que nous avons pu apporter un peu de réconfort aux habitants d'Itzer. Les sourires que nous avons vus et la reconnaissance qu'ils ont montrée rappelaient à quel point la générosité peut être puissante. Merci à tous ceux qui ont aidé ces villageois. C'est une journée que je n'oublierai jamais, et je suis reconnaissant d'y avoir pris part.
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